Dans l’écrin lumineux de la Méditerranée, l’immense bâtiment « Archivo Histórico Provincial de Alicante » s’impose aujourd’hui comme le théâtre d’une célébration mémorielle d’une rare intensité. Là, entre rigueur historique et ferveur patrimoniale, s’élève une initiative magistrale : la mise en lumière des archives de l’Algérie française, portée par une ambition aussi noble que nécessaire — transmettre, éclairer et faire vibrer une mémoire complexe et précieuse.
Cette réalisation remarquable n’aurait jamais vu le jour sans le rôle essentiel de la Délégation du Cercle algérianiste en Espagne, véritable cheville ouvrière de ce projet d’envergure. Il convient de rappeler que le Cercle algérianiste national a signé une convention de partenariat avec les archives historiques de la province d’Alicante, donnant naissance à un fonds d’une richesse exceptionnelle. Plus d’un millier de livres, périodiques, journaux et documents divers déposés par le Cercle algérianiste constitue un fonds documentaire de trésors patiemment rassemblés et aujourd’hui offert au regard du public et des chercheurs.
Ce corpus documentaire d’une densité rare a permis de nourrir et de structurer l’exposition inaugurée le 25 mars 2026, véritable fresque vivante où l’histoire se déploie avec clarté, profondeur et émotion. Parmi les éléments les plus marquants, la reproduction des trois grandes frises du temps — Antiquité/1962, 1830/1962 et Guerre d’Algérie — réalisées par le Cercle algérianiste des Pyrénées-Orientales, confère à l’ensemble une dimension pédagogique et visuelle saisissante.
Moment d’une grande solennité, cette exposition a été inaugurée par Juan Ramón Roca, commissaire de l’exposition, Suzy Simon-Nicaise, présidente nationale du Cercle algérianiste, ainsi que Miquel Nadal directeur région de la Culture de la province d’Alicante dont la présence conjointe a conféré à l’événement une portée institutionnelle et symbolique de premier plan.
Il faut aussi souligner avec force qu’à Alicante, la communauté des Français natifs d’Algérie — et tout particulièrement ceux issus de la province d’Oran — demeure encore aujourd’hui nombreuse, vivante et profondément appréciée. Leur empreinte, tant humaine qu’économique et culturelle, irrigue depuis des décennies cette région tournée vers cette mer Méditerranée qui les a vu naître.
La présence du maire honoraire de Benidorm lors de l’inauguration en fut une éclatante illustration. Dans des échanges empreints d’émotion et de reconnaissance, il n’a cessé de louer l’apport considérable des Français d’Algérie à la modernisation de cette belle cité balnéaire de la Costa Blanca, soulignant combien leur énergie, leur savoir-faire et leur esprit d’entreprise ont contribué à façonner son essor.
Aux côtés des personnalités officielles, il convient également de saluer l’engagement sans faille de Jo Torraja, délégué général du Cercle algérianiste en Espagne, de Christian Corraini, délégué général adjoint, ainsi que de Jean-Pierre Penalba et Jean Guerin, figures actives de l’équipe alicantaise, dont le dévouement a largement contribué à la réussite de cet événement.
Plus d’une centaine de personnes ont participé à cette inauguration, témoignant de l’intérêt vif et partagé pour cette mémoire retrouvée et magnifiée. Et comme il se doit dans toute célébration empreinte de convivialité méditerranéenne, la matinée s’est achevée autour d’un verre d’anisette — clin d’œil savoureux aux racines communes — accompagné de quelques amuse-bouche très appréciés. Un moment chaleureux, rendu possible notamment grâce à Carlos Galiana, que l’on se doit de remercier.
L’exposition se distingue également par son souci d’accessibilité et de dialogue : tous les textes explicatifs sont proposés en espagnol et en français, permettant ainsi une transmission élargie et une compréhension partagée entre les publics français et espagnols.
Il faut le dire avec emphase : cette exposition est un rendez-vous incontournable. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent découvrir, approfondir ou mieux comprendre l’histoire de l’Algérie française, dans toute sa complexité et sa richesse humaine.
Grâce à cette œuvre collective, Alicante devient, le temps d’une visite — et bien au-delà — un phare de mémoire, un lieu où l’histoire respire, éclaire et rassemble.
Paule Bedoin




